Le microbiote intestinal peut-il soutenir la mémoire ? Ce que révèle l’étude PROMOTe

Et si la santé cognitive ne se réfléchissait pas uniquement « à partir du cerveau » ? Une étude randomisée menée chez des adultes de plus de 60 ans apporte un nouvel éclairage sur le lien entre prébiotiques, microbiote intestinal et cognition.

Pourquoi s’intéresser à l’intestin quand on parle de mémoire ?

Le cerveau et l’intestin communiquent en permanence. Cette communication bidirectionnelle, souvent appelée axe intestin-cerveau, mobilise plusieurs voies : le système nerveux, le système immunitaire et les hormones. Le microbiote intestinal — l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif — participe à cet équilibre.

Avec l’âge, la composition et la résilience du microbiote peuvent évoluer sous l’influence de l’alimentation, des médicaments, du mode de vie ou encore de certaines maladies. Les chercheurs s’intéressent donc à une question simple, mais importante : peut-on agir sur le microbiote grâce à un prébiotique et observer un effet sur certaines fonctions liées au vieillissement, notamment la cognition ?

L’étude PROMOTe en quelques mots

L’étude Effect of gut microbiome modulation on muscle function and cognition: the PROMOTe randomised controlled trial a été publiée dans Nature Communications. Il s’agit d’un essai contrôlé, randomisé et réalisé en double aveugle, ce qui signifie que les participants ont été répartis entre un groupe recevant un prébiotique et un groupe recevant un placebo, sans que les participants ni les chercheurs en charge du suivi ne sachent qui recevait quoi pendant l’étude.

Participants : 72 personnes, soit 36 paires de jumeaux, âgées de 60 ans ou plus. L’âge moyen était de 73 ans.

Durée : 12 semaines.

Intervention : prébiotique ou placebo, en complément d’exercices de résistance et d’une supplémentation en acides aminés à chaîne ramifiée (BCAA) pour l’ensemble des participants.

Évaluations : tests cognitifs, performances physiques et analyse d’échantillons de selles pour observer le microbiote.

Qu’est-ce qu’un prébiotique ?

Un prébiotique est une substance, généralement une fibre, qui n’est pas entièrement digérée par l’organisme et qui peut être utilisée sélectivement par certaines bactéries intestinales. Il ne s’agit donc pas d’une bactérie apportée directement — comme dans le cas d’un probiotique — mais d’un « substrat » qui contribue à nourrir certaines populations du microbiote.

L’inuline fait partie des fibres prébiotiques étudiées pour son interaction avec le microbiote. Dans l’étude PROMOTe, le prébiotique utilisé était une combinaison d’inuline et de fructo-oligosaccharides (FOS), à raison de 7,5 g par jour. Cette précision est importante : les résultats concernent le produit testé dans l’étude, et non automatiquement toutes les formules contenant de l’inuline.

Les principaux résultats sur la cognition

Après 12 semaines, les chercheurs ont observé une amélioration statistiquement significative d’un score cognitif global dans le groupe prébiotique par rapport au placebo (p = 0,014).

Un résultat particulièrement intéressant concerne le test Paired Associates Learning, qui évalue notamment l’apprentissage et la mémoire visuelle. Les participants du groupe prébiotique ont commis moins d’erreurs que ceux du groupe placebo sur cette mesure (p = 0,001).

En clair : dans les conditions précises de cet essai, le groupe ayant reçu le prébiotique a obtenu de meilleurs résultats sur certaines mesures cognitives que le groupe placebo.

Les analyses ont également montré une modification de la composition du microbiote, notamment une augmentation relative de bactéries du genre Bifidobacterium dans le groupe prébiotique. Cette observation est cohérente avec l’hypothèse selon laquelle une fibre prébiotique peut modifier l’environnement intestinal.

Ce que l’étude ne permet pas de conclure

Une étude intéressante n’est pas une preuve définitive. Les auteurs eux-mêmes soulignent la nécessité de travaux complémentaires, avec des effectifs plus importants, des suivis plus longs et des évaluations cognitives détaillées.

  • L’étude ne démontre pas que l’inuline seule « traite » le déclin cognitif.
  • Elle ne prouve pas que Memo Complex produit exactement les mêmes effets : la formule, le dosage et le contexte d’utilisation ne sont pas identiques.
  • Tous les participants pratiquaient des exercices de résistance et recevaient des BCAA ; l’effet observé ne peut donc pas être attribué au prébiotique isolément avec une certitude absolue.
  • Le résultat concerne certaines mesures cognitives sur une période de 12 semaines, pas la prévention ou le traitement d’une maladie neurologique.

Pourquoi cette étude a retenu l’attention de Dietworld

Pour Christophe Charret, dirigeant des laboratoires Dietworld, cette étude apporte un élément important : elle illustre concrètement le rôle potentiel du microbiote dans les fonctions cognitives et donne une place centrale à l’axe intestin-cerveau.

C’est dans cette logique qu’a été imaginé Memo Complex : une formule qui associe notamment 4 000 mg d’inuline par dose de 10 g à de la poudre de banane, de la poudre de betterave, de l’ashwagandha et du Ginkgo biloba. L’objectif est de réunir plusieurs approches complémentaires autour du confort digestif, de l’équilibre du microbiote et du soutien des fonctions mentales.

Une distinction essentielle : Memo Complex s’inspire de la piste scientifique ouverte par l’étude PROMOTe, mais cette étude n’a pas testé Memo Complex. La formule Dietworld ne doit donc pas être présentée comme ayant été cliniquement validée par cet essai.

La mémoire se construit aussi au quotidien

Le microbiote n’est qu’un élément parmi d’autres d’une bonne hygiène de vie. Une alimentation variée et riche en fibres, une activité physique régulière, un sommeil suffisant, la gestion du stress et le maintien d’une vie sociale active participent également à préserver les fonctions cognitives.

Un complément alimentaire peut s’inscrire dans cette démarche, mais il ne remplace ni une alimentation équilibrée ni un avis médical. En cas de troubles de mémoire persistants, de changement brutal ou de difficulté inhabituelle au quotidien, il est important de consulter un professionnel de santé.

À retenir

  • L’étude PROMOTe a été menée auprès de 72 adultes âgés de 60 ans ou plus, pendant 12 semaines.
  • Le prébiotique étudié a modifié la composition du microbiote, notamment avec une augmentation relative de Bifidobacterium.
  • Une amélioration statistiquement significative a été observée sur un score cognitif global et sur une mesure de mémoire visuelle et d’apprentissage.
  • Ces résultats sont encourageants, mais ils ne constituent pas une validation clinique de toutes les formules à base d’inuline.
  • Memo Complex s’inspire de cette approche « axe intestin-cerveau », sans prétendre être le produit testé dans l’étude.

Étude de référence : Effect of gut microbiome modulation on muscle function and cognition: the PROMOTe randomised controlled trial, Nature Communications.

Lire l’étude complète sur PubMed Central

Article de vulgarisation rédigé pour le blog Dietworld. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas les recommandations d’un professionnel de santé.

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